Le premier jour où j’ai été maltraitante

Il y en a qui deviennent infirmier par passion, par envie. Et il y en a d’autres qui le deviennent un peu par hasard.

Je me rappelle. J’ai 19 ans environ. Ça ne fait pas longtemps que j’ai la majorité, je ne sais d’ailleurs pas quoi en faire de cette majorité. Je sais juste qu’il faut que je trouve un boulot, et vite, et dans la petite ville où j’habite car je n’ai pas encore le permis. Ça tombe bien. Il y a un petit hôpital « pour les vieux ». Je postule et je mens dans ma lettre de motivation. Il me le faut ce job, je suis prête à tout.

Un mois après, on me téléphone pour me dire que je suis prise. Mais prise pour faire quoi ? Je pensais y faire du ménage, je n’ai pas d’autres diplômes que ceux de secourisme et mon baccalauréat. Sauf que non. On me dit lors du rendez-vous que je ferai « office d’aide-soignante », on me dit pendant une heure que c’est un boulot gratifiant, simple et enrichissant. De toute façon, je n’ai pas le choix. Il faut que je rembourse des factures, que j’aide à remplir le frigo familial.

Me voilà donc en blouse, une longue robe blanche transparente aux pressions qui ne tiennent pas tout du long. Elle a vécu cette tenue, elle a dû vivre tout un tas de choses. Il est 6h20. Une salle aux murs moisis, le faux plafond humide qui se détache, un lave-vaisselle qui tourne. Il y a une dame avec une doudoune verte foncée, les yeux rouges. Une autre femme fume une roulée qui sent le foin. Le carrelage marron, les joints usés, une table bancale et ses petits bouts de papiers pour la caler.

Après des présentations rapides, on m’explique ce que je dois faire. Ce que je retiens c’est qu’il va falloir que je sois rapide, efficace et que je n’ai pas les deux pieds dans le même sabot. Je leur dis que c’est mon premier boulot, qu’il faut qu’elles me montrent au moins une fois comment je dois m’y prendre.

Et pendant huit longues heures, je lave des corps usés par le temps, des corps malades, je vois des cicatrices sur un sein absent, des poches collées sur des ventres sans savoir à quoi elles servent, je vois des gens qui ne peuvent pas déplier leurs jambes ou au contraire, des gens qui ont oublié un côté tout entier de leur corps avec un bras pendant et flasque. On me dit qu’on ne lave les jambes qu’au moment de la douche, que les autres jours il faut faire le minimum. Je le fais.

On me dit qu’il faut parfois être brusque pour les retourner car si on le fait trop lentement on se fait mal au dos, on a un arrêt maladie. Je le fais.

On me dit que pour gagner du temps et être sûrs que tout le monde mange chaud, il faut mélanger la purée avec le fromage blanc. Je le fais.

On me dit que le dimanche, tout le monde doit rester au lit, que ça les aide à récupérer leur fatigue de la semaine. Même si ils ne sont pas fatigués, ils doivent rester au lit. Je le fais.

On me dit de ne pas croire les déments, qu’ils ne sont plus avec nous et que tout ce qu’ils disent c’est des mensonges, que leurs douleurs ne sont pas réelles, qu’ils ne sont pas fiables. Je le fais.

On me dit qu’une dame est perverse et se mastrube la nuit jusqu’à en être irritée, qu’il faut lui enrubanner les mains avec des gants et du sparadrap pour limiter les dégâts. Je le fais.

On me dit que les petits vieux qui sonnent trop ne doivent pas avoir la sonnette à proximité, que ça les énerve et que pour qu’ils restent détendus, il vaut mieux poser cette « maudite sonnette » sous leur coussin. Je le fais.

On m’a dit des tonnes d’autres choses. Je les ai toutes faites. Consciencieusement. Sans broncher. Sans réfléchir. Sans questionner.

J’ai maltraité des dizaines de vieux. Je les ai maltraité pendant des années. Je l’ai fais car je me suis satisfaite de mon ignorance, je n’ai pas voulu poser trop de questions, il fallait que je garde ce boulot. Les premiers temps, je rentrais épuisée par ces 9 toilettes complètes au lit de patients grabataires et tout ce ménage, tous ces lits à faire, tous ces repas distribués et ces estomacs à gaver. Puis, avec le temps, j’avais pris le rythme. Je trouvais ça normal. Tout le monde le faisait c’est qu’il devait bien y avoir une raison. Je n’ai jamais trouvé cette raison.

J’ai considéré ces vieux comme des gens « passés », inutiles. Si je pouvais revenir en arrière, je le ferai. J’aimerai tant m’excuser de les avoir ignorés, retournés, gavés, astiqués sans n’avoir jamais vu qu’ils étaient nos souvenirs, qu’ils avaient été jeunes, qu’ils avaient des milliers de choses à m’apprendre. Quelle idiote j’ai fais ! Depuis, j’ai grandis. J’ai appris à réfléchir, à m’exprimer. J’ai appris que l’institution doit donner les moyens de ne plus faire ça et qu’il faut, parfois, taper du poing.

Pour toutes ces personnes que j’ai maltraitées, pardon.

47 réflexions sur “Le premier jour où j’ai été maltraitante

  1. Mince je suis émue là, si authentique et bien écrit.
    La société fabrique des aide-soignantes qui ne bouclent pas les fins de mois et qui tremblent à l’idée de perdre leur boulot. Elle fabrique des ghettos pour vieux car elle en a honte et ne sais comment camoufler ça. Elle fabrique la détresse des soignants en les privants de moyens humains et matériels au profit de l’économie. Elle fabrique l’injustice, elle creuse sa propre tombe et celle des patients. Elle fabrique la douleur liée à la maltraitance. Tu n’as été qu’une messagère parmi d’autres, aujourd’hui tu as décidé d’avancer pour les autres mais surtout pour toi, bravo. Il n’y a que les cons qui ne changent pas et ceux qui n’en ont pas les moyens. Ce qui me chiffonne c’est « que font les enfants, les familles? » Payer une fortune pour son parent et fermer sa G***** à ce point! Notre pays va mal.

    • desvignes dit :

      Bonjour, et merci pour ce témoignage. Mais une question : De quand date cet épisode de votre carrière ? Car je suis très étonnée de la manière dont vous avez été « recrutée » comme « faisant fonction d’aide soignante ». Stagiaire, je veux bien mais les toilettes, cela demande de la « technique » et on confie rarement cela à une seule personne novice. La maltraitance, il est vrai commence très vite, ne serait-ce que par le simple oubli de « prévenir » la personne de ce que l’on va lui faire etc……

      • Bien sûr que si, on confie les toilettes à des novices. Je travaille dans une maison d’accueil spécialisée, avec des personnes polyhandicapées, et des gens qui n’ont jamais travaillé auprès des personnes dépendantes sont prises pour effectuer des remplacements. Ces personnes non formées ne sont pas forcément maltraitantes, mais en tout cas rarement bientraitantes !

    • Bonjour,

      Les familles ne sont pas coupables. Elles ne savent rien. Et pour la plupart, elles se sentent déjà bien assez coupables de ne pouvoir subvenir aux besoins de leurs aînés

    • Irvi dit :

      Tout simplement parce qu aussi vrai que les AS ont peur de perdre leur taf les enfants familles sont concient de l extrème difficulté de trouver des places dans ce genre d institution… enfin ca c est pour ceux qui s interressent a leur parents/ grand parents certain en sont a venir sur leur temps livre aider a faire la toilette de leur parebts tout simplement car ils ont concience de l impossibilité materielle et tzmporelle pour les soignant de faire « bien » (et la je parle meme pas de czux qui font la formation as ou infirmier ou l on nous apprends qu une toilette au lit c est 30 min minimum mais que quand on est professionnelle faut pouvoir en faire une dizaine en 3h….)

    • annick dit :

      il y a un monde entre quelqun qui fait « office d’aide soignant » et un véritable aide soignant, entre il y a 1 an détudes qui aide à comprendre ce qu’on fait et pourquoi on le fait, qui aide à ne pas etre maltraitant justement. Les coupables c’est ceux qui balancent une presque encore enfant dans un monde dont elle n’avait aucune idée sans rien lui expliquer, tout ça pour faire des économies sur les bénéfices de ces maisons. Encore une histoire de pognon. On voit ça aussi à domicile, des organismes d’aide à domicile qui fleurisssent un peu partout, qui envoient des petites jeunes non formées qui n’ont jamais vu un vieillard nu, qui ne connaissent pas les maladies dans des familles perdues qui ne savent comment faire et ont besoin d’aide et payent très cher en plus.

  2. pharmafLo dit :

    Oui, ce sont nos parents, nos grands-parents, nous.
    Ce sont d’anciens enfants.
    Ils ont vécu et appris. Ils peuvent nous apprendre.
    Je pense qu’il faut avoir soi-même un peu de recul et de maturité pour s’en rendre compte, et en témoigner.
    Merci.

  3. Albeundy dit :

    Certes, ça existe. Ça fait réfléchir, à nos priorités, notre façon de traiter nos « vieux », ou même les autres en général…
    Cependant, soulignons également le travail formidable effectué dans les mêmes conditions (manque de moyens humains et matériels identique) par certaines équipes formidables et dévouées… J’aime à le rappeler. Ça donne de l’espoir, et démontre qu’il n’y a pas de fatalité…

  4. Julie.bey dit :

    Plusieurs de mes amies sont aides-soignante et je les admirent car ce n’est pas un métier simple. Dans leur entourage de travail, il y a de vraies garces qui ne pensent pas une seule fois à la santé et au bien-être du patient… Je suis écoeurée par ce genre d’attitude. Autant aller ramasser les poubelles si laver une personne vieille les dégoûte… Au moins la poubelle s’en fichera que l’on soit brusques ou de mauvaise humeur. Bref. Bravo à vous de ce témoignage touchant. J’espère que vous avez trouvé votre voie et que vous avez réussi à vous pardonnez…

  5. Sabrine dit :

    Merci pour ce témoignage ,en tout cas malheureusement c la réalités qu on trouve parfois aujourd’hui mais on est la pour faire changer les chose ,et être former ça permet de changer de regard et être compréhensive ….

  6. A reblogué ceci sur La Voix du Soignantet a ajouté:
    Un témoignage qui nous rappelle qu’à n’importe quel prix certaines « maisons » sont prêtes à institutionnaliser et à se servir de l’ignorance d’autrui comme d’un outil de rentabilité… Elle n’est pas la seule responsable, elle est courageuse de se livrer, mais au tour d’elle qui était là : des soignants fantômes ? et les dirigeants qui étaient ils ? Je renvoie chacun et chacune sur le Manifeste de mon blog pour se rappeler que nous sommes tous là ensemble pour apprendre de nos erreurs et surtout à avancer pour faire ce chemin comme elle qui aujourd’hui fait une belle démarche de pardon…

  7. Tu peux te remercier de ta propre démarche, car tu vas pouvoir à nouveau avancer dans ta vie sans ce poids… Le pardon est fait reste à penser comment aujourd’hui tu peux à nouveau t’investir avec les autres en étant juste et vraie 🙂 Car une histoire comme celle là n’a pu être réelle que parce qu’il y a eu un entourage qui a profité de ton ignorance pour une rentabilité certaine qu’elle soit de temps ou d’argent. J’ai maltraité moi aussi, d’une autre façon, nous ne méprenons pas sur ton histoire, elle arrive tous les jours et même aux diplômés soignants (infirmiers comme aide soignants entendons nous bien). Il faut trouver dans son quotidien la façon de faire au mieux, sans maltraiter la personne. Ca nous demande énormément, mais nous sommes tellement plus fiers de nous. Tu as été courageuse et tu l’es encore ! Bon courage pour la suite et retiens de cette expérience tout le positif qu’elle t’apprend aujourd’hui 😉

  8. Annick dit :

    Faire « office d’aide soignante » ce n’est pas etre aide soignante. Au départ le problème est là, embaucher des gens non qualifiés pour leur faire faire un métier qui réclame un diplome une qualification. Je l’ai vécu en hopital, je suis infirmière, j’ai vu arriver des filles sans qualifications qui faisais « office de… » et quand ces filles ont fait leur formation d’aide soignante j’ai vu la différence, je les ai vu changer, devenir de vrai professionnelles. Il faut une loi qui empeche d’embaucher des « faisant office de …. » .

  9. Mik dit :

    Très belle et courageuse confession. Effectivement trop souvent se retrouve de jeunes ou moins jeunes soignants sans diplôme à effectuer des tâches lourdes sans connaissances. Moi y compris a mes début. Comme toi j’ai fais faisant fonction, le temps de faire mon école de préparation au concours infirmier. Et Grace a l’école , les multiples situations et toutes sortes de soignants et patients côtoyer on apprend a se forger sa propre identité professionnel, en tout âme et conscience.
    Et pour répondre à miss maman. Malheureusement, souvent les enfants et les familles sont autant dans l’ignorance et ne voient pas derrière le rideau a moins qu’il y est de gros soucis.
    En tout cas merci pour ton témoignage. Qui j’espère permettra aux soignants de ne pas rester sur leurs aquis ou leurs ignorances. Que nous soyons sans cesse en train de nous remettre en question , de penser ,de réfléchir ce que nous faisons et le soignant que nous sommes. Même si souvent nous manquons de moyen, donnons tout comme si c’était nous qui étions soigner avec tout le respect et l’attention que nous pouvons donner.
    Se remettre en question n’est pas un échec et arrêter lorsque nous ne pouvons plus non plus.
    Avec toute mon amitié à tout les soignants dignes de ce nom

  10. ben larbi darifa dit :

    Bonjour, ton texte m’a beaucoup emue car tu as peut etre pas bien agis au debut mais c’etait ton ignorance et aujourd’hui tu t’en ai rendu compte et tu te denonce. Je suis aide-soignante depuis 13 ans j’ai travailler quand j ai divorcé j’avais besoins d’un travail pour elever mes 3 enfants qui etait agé entre 9 ans et 3 ans je ne voulais pas dependre de la societe je me suis présenté pour travailler en maison de retraite et j ai expliquer que je voulais travailler mais que je refuser de travailler dans un mourroir que je voulais que les personnes agés soit traiter comme des etre humains et non comme des choses comme j avais pu le voir , ensuite j ai demenager et la j ai du faire face a d’ancienne aide soignante proche de la retraite et qui traiter les « vieux » comme de la m—e je me suis confronté à ,elle et la elle m’ont repondu « que quand j’aurais 30ans de metier je deviendrais comme elle » et j ai repondu que si je devais leur ressemblé je prefererai changer de metier
    aujourd’hui je suis fiere de moi j ai repris les etudes pour devenir infirmiere et chaque patient est pour comme mon pere ou ma mere. De nos jours ceux certain qui choissi le metier dans d’aide soignante ou infirmier ne le font plus par passion mais par obligation.

  11. secula dit :

    Très beau témoignage d’ une dure réalité….. Je suis moi même soignante dans un service de soins de longue durée, et je vis la même chose tous les jours. Oui IL FAUT QUE CA CHANGE! Et en plus avec une équipe soignante qui est loin d’en être une, c’est très dur. J’en arrive a un point ou je veux changer de service pour faire ce métier que j’aime dans de meilleures conditions. J’ai détesté venir travailler, dégoutée de mon métier a force de travailler comme ça.

  12. anne-sophie dit :

    c’est la réalité dans les EHPAD j’aimerais que tout ça s’a s »arrete! mais tant qu’il n’y aura pas assez de personnel dans les EHPAD sa sera tjrs du travail a la chaine triste réalité!

    • Bonjour,

      Je pense, peut-être naivement, que si on préfère faire une partie du travail mais bien la faire, en faisant suivre des fiches de signalement systématiquement pour dénoncer la surcharge de travail et en y dénonçant une baisse de la qualité de la prise en charge, il y aura du changement.
      Encore faut-il que le personnel ne baisse pas les bras et ne se laisse pas écraser par le poids d’une hierarchie qui étouffe volontairement

  13. Véronique dit :

    J’ai pleuré à la lecture de ce texte car j’ai pensé à ma grand-mère si bonne , si gentille , si serviable de son vivant et qui a fini dans ce genre d’endroit ( petit hôpital de campagne ) , mais j’habitais à mille kilomètres de là et mon grand-père ne m’a avoué qu’après sa mort à quel point elle a été maltraitée … Je lui en ai voulu de n’avoir rien fait , rien dit … et je me pose encore la question aujourd’hui qu’il est décédé : pourquoi ?
    Moi même ,j’étais infirmière et toujours , je me disais : »soigne-les comme si c’était tes grands parents chéris ! soigne-le comme tu voudrais qu’on te soigne si ,un jour , tu te retrouves à l’hôpital ! » et j’ai toujours été respectueuse envers mes patients .
    Et pourtant , moi aussi , à 53 ans , je me suis retrouvée à l’hôpital pour une intervention chirurgicale et …. maltraitée à mon tour !!! J’essayais gentiment de leur faire comprendre , mais c’était pire ! on me le faisait payer plus durement encore !!! voilà comment on réduit les gens au silence !…
    En sortant de là , je n’y suis restée qu’une semaine ,heureusement , je me suis plainte au directeur de la clinique … j’ignore ce qu il a fait , mais je suppose que vu le manque de personnel , il n’a rien fait ,lui non plus …
    Voilà , c’est la société qui est malade !!….

  14. Véronique dit :

    ( PS : je viens de trouver la réponse à ma question concernant le passéisme de mon grand-père à la relecture de mon écrit !!!! …. comme quoi !….)

  15. evelyne dit :

    je ne sais pas de quand date ton « premier jour  » de travail, mais heureusement, la pratique aide soignante, a beaucoup évolué, je suis aide soignante depuis 1995, et lors de mon année d’école, on nous a transmis des valeurs d’écoute, d’empathie, de respect, et le bien être du résident comme priorité, j’ai toujours travaillé auprès des personnes agées, et je continue, et c’est vrai nous manquons, de temps, de moyens, la fatigue est énorme, la reconnaissance absente, mais j’ai eu la chance de ne jamais connaître de telles conditions de travail, même en maison de retraite. Il est vrai, que par manque de moyens ou d’argent nous ne pouvons adapter à chaque résident le rythme de vie qui lui conviendrait, lever, coucher, douches, nous sommes tenues de respecter un certain déroulement horaire, mais notre priorité reste le bien être du résident. Les contentions- sauf ordre médical- sont interdites, les personnes, sont levées tous les jours, sauf maladie ou fatigue extrème, le régime alimentaire adapté. Je précise que je travaille dans une maison de retraite qui n’a pas de gros moyens, ni de personnel en surnombre. Mais nous nous questionnons beaucoup et essayons de trouver une réponse avec nos petits moyens… Je suis fière d’être as

  16. Joséphine dit :

    Le premier jour où cette jeune femme de 19 ans, à peine majeur, à peine sortie de l’enfance, embauchée à la tâche, à la chaîne humaine, a été maltraitée…
    Chacun (eh oui) peut être pris dans le filet, l’engrenage, de la banalité du mal : ce que la « société » a infligé à cette jeune femme est une ignominie. Qui lui demandera pardon à elle ?

  17. croze yolande dit :

    allez vite, toujours plus vite !!! QUE FONT LES ENFANTS???? ils font des commentaires au personnel soignant en leur demandant d etre plus doux , de ne pas les bouscouler comme des paquets de linge sale !!! devant nous c etait fait et a peine parti, il n y avait plus cette attention, tous les jours je repetais la meme chose, soyez plus douce, elle souffre beaucoup!!!! et petit a petit a force de se sentir maltraitée , elle s est laissée doucement glissée vers la mort , certains me diront qu elle etait vieille et qu elle avait bien vecue , moi je reponds , c etait ma mere et apres 7 ans je la pleure toujours autant !!!!!!!!!!

  18. Enid Rachel dit :

    Je suis Aide -soignante et je ne me retrouve pas du tout dans ce texte,c’est sur que cela existe ,la preuve, c’est dommage d’en arriver là … Les hauts responsables ne veulent plus de la qualité, tout ce qui les intéresse c’est l’activité, remplir les lits, peu importe qu’il y ai du personnel, c’est d’une telle hypocrisie!!! ,après c’est chacun avec sa conscience,c’est un beau métier, mais tellement méprisé déjà par le grand public, ensuite par l’institution et par nos cher collègues paramédicaux et médicaux .

  19. la meilleure dit :

    Entièrement d’accord, moi ex-aide soignante suis passée par-là mais sans jamais oublier qu’un de ces jours se sera nos proches qu’on soignera et que l’on aimerait pas que ça leur arrivent car en choississant ce métier, n’oubliez surtout pas on a une conscience professionnelle ou pas….

  20. Bonjour à toi. Je suis infirmière en Belgique. Et ce que tu décris est notre quotidien malheureusement. La facilité des choses par manque de temps. Provoqué par des hauts directeurs voir même des politiciens. Je ne dis pas cela pour nous excuser. Cela n excuse rien. J ai bosse comme étudiante dans deux maisons de repose. Et en effet tout y est maltraitance. Mes parents n iront jamais en MR! Je sais trop bien comment on y travaille. Et toujours par la force des choses, le personnel y est contraint (je ne parle pas des exception) car exception il y aura toujours : des maltraitances directes.
    Parfois je me dégoute de ce métier, de ces conditions, et de cette façon de devoir considérer des êtres humains comme des numéros :/
    Ce texte mérite d être lu … Merci

  21. Brigitte dit :

    Et bien moi j’ai été infirmière psy chez des débiles profonds, les vieilles infirmières étaient maltraitantes, je n’ai jamais marché ds leurs combines ! j’avais 20 ans quand g commencé, je me suis fait rejetée de l’équipe parce que je ne rentrais pas dans le moule, je suis fière de ça ! Depuis j’ai perdu mes deux parents âgés et JAMAIS JAMAIS je n’aurais voulu qu’on les traite ainsi. On peu toujours dire NON, et tes regrets arrivent un peu tard pour ceux que tu as maltraités, excuse-moi, mais il ne suffit pas de se repentir pour qu’on le comprenne même si c bien de faire ce chemin du regret. Ceci dit , les personnes qui t’ont engagée et t collègues sont aussi fautifs que toi.

    • Joséphine dit :

      Bonjour, j’ai écrit plus haut :
      « Le premier jour où cette jeune femme de 19 ans, à peine majeur, à peine sortie de l’enfance, embauchée à la tâche, à la chaîne humaine, a été maltraitée…
      Chacun (eh oui) peut être pris dans le filet, l’engrenage, de la banalité du mal : ce que la « société » a infligé à cette jeune femme est une ignominie. Qui lui demandera pardon à elle ? »

    • Bonjour,
      Lorsqu’on est dedans tous les jours, on ne se rend compte de rien d’autant plus que les cadres et cadres sup nous félicitent, donc on fait du bon boulot. Pourquoi changer?
      Je n’ai pas fais ce texte pour me repentir ou m’excuser mais pour expliquer, dénoncer. Je me regarde dans un miroir sans diffcultés. Je pense que tous les soignants ont tous les jours maltraités, sans forcément s’en rendre compte. Même vous.

      Si ces situations existent c’est parcequ’elles sont tolérées et favorisées par les « dirigeants » des hôpitaux

  22. Mathieu dit :

    J’ai quitté mes études à l’IFSI. Les stages en tant qu’étudiante infirmière m’ont motivés à devenir une aide-soignante qui a choisit son emploi, qui va changer tout ça … mais aujourd’hui j’ai quitté cette voix qui m’a fait souffrir physiquement et moralement, les conditions de travail s’améliorent doucement mais le respect vis à vis des gens , de « nos vieux » , stagne ou souvent régresse. Pourquoi? je ne sais pas ; l’ambiance entre collègues, les horaires, le salaire, l’ancienneté, la jalousie du statut, …
    Merci pour ce texte.

  23. Bellet dit :

    La honte c’est :l’état pour son manque d’établissements dignes avec du personnel
    Ce n’est pas normal de traiter des personnes agees qui n’ont pas demande à être placer dans des mouroirs
    L’état doit s’occuper de ses aînés et des handicapés avec des établissement s. Correctes du personnel qualifies. Et ne pas dépenser l’argent pour des choses inutiles. !!!!!

  24. marine dit :

    Je suis infirmière et même dans les services hospitaliers c’est pareil… Faute de personnel suffisant, on nous a dit de laver les gens un jour sur 2, pour un service de chirurgie otho et traumato c’est la honte, mais on ne peux rien dire, rien faire, manque de temps, d’écoute, de personnes… Du coup je suis partie, mais notre systéme est honteux…
    Tres beau texte

  25. gorda dit :

    Je suis aide-soignante en cancero, ce n est pas facile , nous ne sommes pas assez reconnues et considérés.. cela n escuse pas le travail de certaines , surtout en maison de retraite, qui ne s occupent pas correctement de ces personnes fragiles, qui pourraient être nos grands-parents ou parents….mesdames un peu d empathie ne vous ferez pas de mal… un peu d humanité….. cela dit je dénonce toutes ces maisons de retraite qui embauchent des gens sans diplôme, pour ne pas les payer, (il y a un minimum a savoir et seule une formation peut l apprendre)…et bien sur le manque de personnel… . Courage a toutes les collègues aides-soignantes….a vous mesdames de dennoncer ce genre de pratique, et ces horreurs…

  26. JC dit :

    Bonjour et bravo pour ce témoignage. L’objectif de diffuser ce genre de textes afin de susciter le débat et informer le public est important. Même parmi nos collègues, certains s’insurgent que nous évoquions ces sujets dits tabous ! Cela m’a valu une belle joute verbale sur Facebook très récemment.
    Il serait important également de conduire des études à ce propos. Ce texte m’a motivé pour essayer de le faire. Reste à trouver un labo et créer un réseau de professionnel…

    Merci encore.

  27. aline dit :

    je suis ASH depuis 1 an dans une maison de retraite et depuis 1 an j’essaie de faire de mon mieux .Je suis aujourd’hui écoeuré de voir comment certaines de mes collegues travaillent!J’ai commencé avec les personnes dites »autonomes ».D’apres mes collegues je n allais pas assez vite et ma chef m’a demandé de travailler avec un chrono pendant 15 jours! 15mn pour des toilettes et 20 pour les douches!!!!Et le soir 7mn pour les coucher.Mes collegues ne m ayant pas accepter dans leur « CLAN  » on demandé que je change de service!!!Me voila chez les dependants!!!On m’a gentiment fait comprendre que si mes nouvelles collègues ne m’acceptaient pas et ce malgré mon travail bien fait ……j’éjecterai.!!!! Aujourd’hui nos 2 services fusionne et tout le monde ce regarde,cherche la confrontation……………….et les residents dans tout ça,????????????? Oublié!!!personne ne s’en préoccupe.On fait de grand sourires devant les familles et tout va bien!!!mais non tout va mal!!!Nous sommes toutes en souffrances et ce malgré nos titres AS ou ASH!!!On est toutes dans le meme sac mais beaucoup ne l’ont pas compris!!!!!

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